Laura Kasischke – Saison 1

Laura Kasischke
Elle est américaine, vit et enseigne dans le Michigan, elle a 48 ans, un visage enfantin encadré de boucles châtains et elle écrit divinement…et pourtant on la connaît mal. Je l’ai découverte pendant l’été 2007 avec le livre qui venait de paraître alors en France « Rêves de garçons », (qui reste mon préféré à ce jour, peut-être parce que le premier découvert), suite à une critique enthousiaste dans les Inrocks. Depuis, j’ai lu les 6 romans parus en France aujourd’hui et je n’ai pas été déçue.
Pourquoi aimer Laura Kasischke ? Parce qu’elle a un univers d’écrivain, que son écriture est naturelle et reconnaissable, qu’elle décrit comme personne les banalités de l’existence, les sensations, les pulsions, les menaces qui pèsent imperceptiblement sur les êtres. Parce qu’elle raconte des histoires de filles, de garçons, de sexe et de mort, de désir, de ce que cachent les apparences de vies américaines paisibles.
« Ce qui m’intéresse en écrivant, c’est de reconstituer tout le processus psychique et affectif qui conduit parfois les êtres à se retrouver dans certaines situations limites : disparaître, ou se faire tuer ».
Les livres de Laura Kasischke sont toujours écrits à la première personne nous permettant une identification quasi immédiate à l’héroïne. Le premier chapitre est d’une efficacité redoutable : on ne peut que continuer la lecture. Une autre constante dans l’œuvre de Kasischke, il ne faut pas déflorer le mystère et ne surtout pas dévoiler la fin.

La couverture de "Rêves de garçons"
Dans Rêves de garçons (traduit par Céline Leroy), elle met en scène un camp de vacances pour pom-pom girls à la fin des années 70. Une décapotable rouge sang qui appartient à Kristy la narratrice, trois filles sexy en mini-shorts et dos-nus qui découvrent leur pouvoir sexuel sur les hommes, des jeunes garçons qui les prennent en filature, la forêt autour du camp comme une menace, un été où derrière l’insouciance de l’adolescence, la tragédie n’est pas loin. Dès le début du roman, l’une des filles crée la tension : « Je suis persuadée que quelque chose d’atroce va arriver ».
Publié par elleS le 21 septembre 2009 dans A la rencontre.
#Tags : adolescence, Amérique, kasischke
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