La saison des « Rendez-Vous Lecture » est ouverte à l’Ile Bouchard !!!

De quoi s’agit-il ? Des « Rendez-Vous Lecture » de l’Association des Amis de la bibliothèque du Bouchardais, évidemment ! Ce numéro 9 avait lieu au restaurant « Les Quatre Vents » où monsieur et Madame JOUTEUX nous ont accueillis aimablement.

eh !! venez voir, on parle de livres sans modération et au resto en plus !!!

eh !! venez voir, on parle de livres sans modération et au resto en plus !!!

Nous étions plus de 15 autour de la table, pour cette première de l’année. Et notre fierté, c’est bien le nombre de représentants masculins : ils étaient quatre, chose extraordinaire ! Aussi Mme. La Présidente a-t-elle tenu, après avoir salué tout le monde, à leur donner la parole en premier. Chacun alors a présenté un livre lu, récent ou pas, en un premier tour de table, au cours duquel il est vite apparu une grande diversité de genres abordés, comme chaque fois.
Du roman policier, comme les Romans américains de G. SIMENON mis à l’honneur cette année. Ce fut l’occasion de mieux connaître cet écrivain pudique qui, dans ces romans américains pourtant, va laisser apparaître beaucoup de sa vie et de ses amours. On a changé totalement de style avec Partie truquée à Descartes de P. DILLIES qui a laissé son lecteur un peu sur sa fin. Une discussion a suivi à propos de Fred VARGAS et de ses romans, tous appréciés : il est difficile d’élire celui qui plaît le plus ! Toutefois le dernier Un Lieu incertain, semble à ceux qui l’ont lu, sinon à part du moins difficile à dépasser … Quant au premier, ou presque, Les Jeux de l’amour et de la mort, nous dirons qu’il vaut lieux l’éviter !

Alors Catherine, on joint les gestes à la parole !!!

Alors Catherine, on joint les gestes à la parole !!!

Toujours en roman policier, Tranchecaille de Patrick PECHEROT fait un peu figure à part : ce roman policier qui se déroule en 1917 dans les tranchées du Chemin des Dames met en avant le besoin de justice malgré tout, malgré la Grande Guerre et ses milliers de morts, peut-être même à cause de cela. On y suit l’enquête d’un Capitaine qui veut comprendre si Tranchecaille dont il est le défenseur, est vraiment l’assassin de son Lieutenant. Broyé par la machine « guerre », il refuse ce « mort de plus » dans son combat perdu d’avance pourtant.
Des romans historiques, policiers ou pas, comme les classiques de Jean-François PAROT, L’Affaire Nicolas Le Floch, L’Homme au ventre de plomb ou L’Enigme des Blancs manteaux. A ce sujet, la plupart d’entre nous ont préféré lire ces romans dans leur ordre de parution, pour rester dans la chronologie : de Louis XIV à Louis XV et même Louis XVI pour le dernier. On a trouvé les derniers peut-être un peu moins attachants sur le plan de la langue, si savoureuse dans les autres. Et puis on a évoqué Joseph BIALOT et ses romans inclassables (policiers ? noirs ? historiques ?) : La Station St. Martin est fermée au public ou C’est en Hiver que les jours raccourcissent. Tous tournent autour de la Seconde Guerre Mondiale, de la déportation et surtout des difficultés – pour ne pas dire l’impossibilité – pour ceux qui en sont revenus, de « survivre » une fois de retour. C’est le cas de son dernier roman, 186 marches vers les nuages, paru cette année.

L'attention est soutenue !!!

L'attention est soutenue !!!

C’est encore une fois un succès pour la trilogie de Stieg LARSSON, Millenium que notre amie anglaise a fait l’effort de lire en français, bravo à elle ! Elle en a apprécié l’intrigue, tant policière qu’économique, et les personnages, foisonnants.
On a présenté aussi un roman de Tonino BENACQUISTA qui n’est pas un policier pour une fois, il s’agit de Saga, qui en est à sa 2ème édition en poche et qui fait étrangement penser à « Plus Belle la Vie » ! On y rit beaucoup avec ces 4 scénaristes déjantés qui s’autorisent tout, et auxquels l’auteur finalement rend un hommage appuyé.

Après ce premier temps, M. et Mme. Jouteux nous ont apportés de quoi nous restaurer : tarte au potiron délicieuse, petits légumes divers à croquer avec des sauces en accompagnement, mini-brochettes de charcuteries, fromage frais aillé aux herbes et fruits de saison : pommes, poires, figues et noix. Nous avions apporté du rosé et du jus de pommes. Tout en dégustant, la discussion autour des livres a continué.

Des romans récents ou presque, comme Ritournelle de la faim de Jean-Marie G. LE CLEZIO,dont la lectrice a pu aller jusqu’au bout, mais sans plus, alors que d’autres ont apprécié le style de ces souvenirs pleins de pudeur. On a évoqué Le Voyage d’Ulysse d’Eric-Emmanuel SCHMITT, splendide récit autour de l’immigration et de l’intégration ; puis, du même auteur, La rêveuse d’Ostende, ensemble de nouvelles, ou plus exactement de courts romans, sur le thème du couple et du sentiment amoureux. Mais la lectrice qui présentait celui-ci a préféré encore Pour les siècles des siècles d’Anne PLANTAGENET, 7 récits où il est question, pour ces couples qui portent les prénoms de personnages célèbres, de désir, de séduction et de tendresse y compris dans les heures difficiles.
Des histoires de femmes ont été remarquées, comme Le Cœur cousu de Carole MARTINEZ, histoire lyrique et très poétique d’une mère au don de brodeuse et de la tradition dont on accepte ou pas les contraintes, dans ces régions méditerranéennes au 19ème siècle ; ou, plus récent, Ce que je sais de Vera Candida, de Véronique OVALDE, où la filiation par les filles, en Amérique du sud cette fois, construit un récit imaginaire à la fois exotique, joyeux et généreux. Et aussi Est-ce ainsi que les femmes meurent ? de Didier DECOIN : récit glaçant du viol et de l’assassinat d’une jeune femme, à partir d’un fait divers qui s’est déroulé à New-York dans les années 60 et autour duquel aucun témoin ne s’était fait connaître … Vraie réflexion sur le sentiment de culpabilité.

Il nous manque que le son pour s'y croire !!!

Il nous manque que le son pour s'y croire !!!

La Promesse, d’Hubert MINGARELLI, offre en une écriture concise et pudique, le récit d’une amitié entre deux adolescents mécanos de la marine, dans des contrées nordiques où l’ambiance brumeuse ne rend pas bavard. La fidélité cependant demeure le point d’orgue des sentiments entre ce deux là, même sans avoir été jamais mise en mots.
Avec Loin des Bras, Metin ARDITI, d’une magnifique écriture, ici pleine de dialogues, nous fait pénétrer dans un Institut en Suisse dans les années 50. Tous les professeurs ont un secret qui est leur croix personnelle : celle-ci joue au Casino, au-delà de son traitement ; celui-ci est un ancien collabo ; celle-là a perdu son garçon dans un accident de voiture ; celui-là est un homosexuel malheureux … Et cette micro société, va voler en éclats parce que cet Institut risque d’être vendu, le tout sur fond d’enfants, quasi « oubliés » pour certain, dans cet Institut loin de chez eux.
Enfin un roman de terroir de Rémy BEAURIEUX, Cailloute a été remarqué pour l’ambiance qui s’en dégage entre autre : on y est sur les bords de la Loire du côté d’Orléans dans les années 30, dans un milieu rude et « taiseux ». Signalons que l’auteur fut pressenti pour le prix Goncourt de l’époque, et qu’on précise souvent que « son héros fait penser à Raboliot » … c’est dire s’il y a du Maurice Genevois dans Rémy BEAURIEUX !

Cette soirée d’ouverture de la saison a été pour tous les participants un plaisir. Chacun a payé son écot (6 euros) avant qu’on se sépare. Le partage des lectures abondantes et diverses, les avis parfois contrastés sur les romans présentés et l’accueil chaleureux de nos hôtes, en ont fait un moment fort.

Rédigée par Nicole Gerbier- octobre 2009

1 commentaire

  1. Anne-Sophie Pascal a dit, le 02 novembre 2009 à 18:24

    Bravo pour la richesse de ces échanges, et pour la prise de notes qui a du être frénétique! Quelle gentillesse que de partager avec nous tous vos lectures.

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