Laura Kasischke – Saison 2 -

J’ai eu envie de continuer à lire Laura Kasischke et je me suis précipitée sur « A moi pour toujours » (traduit par Anne Wicke) qui paraissait en même temps.
Sherryl Seymour la narratrice est en pleine crise de la quarantaine. Son fils vient de quitter la maison pour entrer à l’Université, son époux la condamne à la routine conjugale, son père sombre dans la sénilité. Son travail d’enseignante ne lui réserve plus de surprise. Aussi, lorsque le jour de la St-Valentin, elle trouve un petit billet anonyme dans son casier « Sois à moi pour toujours », elle s’émoustille, se sent désirable et brûle de connaître l’auteur. Avec la bénédiction complice de son mari, elle se précipite dans l’adultère mais le petit jeu aura un dénouement tragique.
Dans ce roman, Laura Kasischke fouille les secrets de famille en accumulant rebondissements, malentendus jusqu’à l’irréparable. La comédie se transforme en machine infernale, engendrant une tension et un suspense qui nous tient jusqu’à la fin.

Dans son dernier livre paru en France à l’automne 2008, : « la couronne verte » (traduit par Céline Leroy), elle reprend le thème de l’entrée dans le monde adulte de  jeunes américaines. Les trois héroïnes du roman vont jouer avec le feu pendant ces vacances de printemps qui sont un rite de passage vers l’âge adulte aux Etats-Unis. On ne connaît pas, en France, cet aspect de la vie des étudiants américains appelé le Spring break qui se déroule dans des lieux  de rêve où le seul objectif est de se défouler. Elles ont choisi le Mexique,  Cancun, avec ses plages et ses étudiants qui ne pensent qu’à faire la fête. Malgré la mise en garde leurs mères, elles font tout le contraire, s’exposent trop longtemps au soleil, boivent de l’alcool et surtout acceptent de suivre un inconnu. Mais le danger viendra t ’il d’où l’on croit et faut il se fier aux apparences ?
L’on ne saura pas grand chose de l’expérience traumatisante vécue par deux des jeunes filles, Laura Kasischke ne détaille rien, elle déplace l’histoire en évoquant le voyage sacrificiel. Même si, pour moi, le livre n’a pas la même force et la même poésie que “Rêves de garçons”,  sous ses apparences plus banales, la couronne verte est un roman philosophique et un roman d’apprentissage.

1 commentaire

  1. Anne-Sophie Pascal a dit, le 07 septembre 2010 à 21:53

    J’ai pensé à cet article quand cet été je me suis plongée dans la lecture de “A moi pour toujours”. J’ai beaucoup aimé! Plus que “Rêve de garçon”. Je trouve que le personnage principal, même si elle a plein de défauts, réussit à être sympathique. Les malentendus en cascade sont à la fois drôles et tragiques. Et j’ai trouvé que les métaphores de la pourriture, même si elles sont toujours TRES appuyées, passaient mieux que dans “Rêve de garçons”…Pour moi, c’est à lire. Et c’est très cinématographique, entre “Fargo” et “American Beauty”.

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