Comment mijoter un projet de lectures à voix haute ?
1 – Vous mettez autour de la table une équipe de bibliothécaires.
2 – Comme nous sommes toutes des femmes, nous choisissons un thème qui nous agrée. Par exemple, au hasard, « portraits de femmes ». Et ça ce n’est pas ce qui manque dans la littérature. Normal, il s’agit tout de même de la moitié de l’humanité !

un auditoire de femmes... et d'hommes
3 – Puis il convient de trouver un titre, qui se voit décliner sous de nombreuses formes : « Femmes et lectures », « lectures féminines », « lecture au féminin », « lectures de femmes », « femmes lisant », « lectrices », pour devenir finalement « portraits de femmes à voix haute : déambulation littéraires et contemporaines, dans le cÅ“ur des femmes »… Tout un roman !
4 – Bon, ça nous parle, nous nous sentons concernées, et comme dans l’équipe il y en a pour tous les âges, on trouve des livres de toutes générations. Suite à quoi, on potasse sa mémoire à la recherche de livres et de passages qui nous ont particulièrement marquées. Pour certaines on se reconnecte avec les souvenirs de jeunesse, pour d’autres on cherche des repères dans l’âge mûr…
5 – Entre temps nous voulons illustrer le titre choisi. Là , au fil des recherches, nous tombons sur une magnifique photo représentant un dos de femme ombré dont les stries évoquent parfaitement la diversité des caractères féminins. (Voir au sujet de cette photo l’article).
6 – Un beau matin nous nous retrouvons à nouveau autour d’une table, nous lisons –timidement au début- les passages qui nous ont touchées et puis les langues se délient, l’enthousiasme monte, l’assurance se fait plus présente. nous échangeons, nous découvrons, nous entendons l’émotion de sa voisine, nous sommes touchées par les mots des unes et des autres.
7 – Nombre de personnages féminins sont évoqués. La mère, l’amante, la petite fille, la grand mère au crépuscule de sa vie, la victime de la guerre, en Europe, en Chine… Et sous toutes formes : romans, théâtre, document…

Une femme et comédienne lisant...
8 – Et enfin, top-là , on balise les extraits.
9 – On se quitte repues de textes, d’images de vies croisées, de sentiments humains calligraphiés dans les pages. Assurées de nos reconnaissances mutuelles et silencieuses au sein de la gent humaine -côté féminin.
10 – Dernière étape, nous confions ces matériaux à une comédienne aguerrie –une femme bien sûr- qui en a encore pour quelques heures de travail à mêler les ingrédients, élaborer sa séance, s’imprégner des textes, de les assaisonner, de les relever là où il faut pour en accroître toute la saveur…
11 – Le jour « J », nous dégustons les pieds sous la table, les oreilles acérées. (Neuvy le Roi le 28 novembre 2009).
12 – Réaction d’une des participantes : « cela m’a fait plaisir d’entendre ce texte de cette façon, je ne me rendais pas compte qu’il était aussi beau !… ».
Conclusion :
Si la lecture est d’abord une activité intime, elle peut néanmoins aussi se donner en partage.
Publié par Marie-Laurence BERNDT le 2 décembre 2009 dans A la Une, Création plurielle.
#Tags : BMA, Laure Mandraud, lectures à voix hautes, Neuvy le Roi, portraits de femmes, Prométhéâtre
Version pour impression, des élements sont supprimé pour économiser du papier. Mais êtes vous certain de devoir imprimer ?

