2010 commence dans les larmes: décès de la chanteuse Lhasa de Sela
Quelle tristesse de faire partager un artiste que l’on aime profondément après son décès, surtout quand il survient si jeune. Lhasa de Sela, chanteuse nord-américaine de 37 ans, s’est éteinte à l’aube de 2010, le 1er janvier.

Photo tirée du blog begogeitahamar.blogspot.es
Lhasa est née en 1972 à Big Indian, dans le Nord de l’Etat de New-York. Elle vécut une enfance nomade avec ses parents et ses 9 frères et soeurs, sillonnant les Etats-Unis et le Mexique à bord d’un bus.
Etablie depuis plusieurs années à Montréal, Lhasa semblait pourtant de partout et de nulle part, avec sa voix grave, ni jeune ni vieille, éclatante d’originalité et pourtant évidente par sa justesse et son émotion. Ses paroles poétiques sont à la fois opaques et limpides. Elle chante des paraboles, des mythes, des histoires triviales ou majestueuses qui racontent aussi bien l’état du monde que les tourments du sentiment amoureux.
Son premier album, La llorona (”la pleureuse” ; ce titre vient du nom d’une célèbre légende mexicaine dont on peut lire l’explication sur wikipédia), l’a faite découvrir en 1997 chantant exclusivement en espagnol, des chansons profondes proches du flamenco. Cet album fera de nombreux fans à travers le monde. La première chanson, “De cara a la pared” (face au mur), est pourtant des plus pessimiste. On ne sait si cet état des lieux dépeint une amoureuse délaissée (”en rêvant, sans respirer, je t’aime mon amour”) ou une société en ruine (”face au mur, la ville brûle”). Mais la force de la voix emporte tout sur son passage, et telle une pythie ou un phénix la chanteuse renaît de ses cendres pour encore dire le monde. “Je suis venue enflammée dans le désert pour brûler, car l’âme prend feu quand elle cesse d’aimer” (écoutez ici la chanson “El Desierto”).
Le deuxième album, The Living Road (”la route vivante”), mêle anglais, espagnol et français. La voix est toujours bouleversante, les univers musicaux sont plus variés. Cet album sorti en 2003 a été composé à Marseille où Lhasa vécut quelques temps.
Quand j’ai vu que son troisième album, Lhasa, était intégralement en anglais, je me suis demandée si Lhasa ne faisait pas son disque “commercial” afin de toucher un public encore plus large, elle qui fédère déjà plusieurs centaines de milliers de fans (ses trois albums sont de grands succès commerciaux). Mauvaise pioche: “Lhasa” est âpre et dépouillé, enregistré pratiquement sans retouche, dans les conditions du live, à Montréal. D’une beauté surnaturelle, évidentes mais inenvisageables par une autre qu’elle, ces chansons vous emportent dans une sorte de nuit lumineuse.
Repose en paix, grande soeur baroudeuse, et merci encore.

Photo par Etolane, 2005
Un article de Cyberpresse.ca (intéressant).
Publié par Anne-Sophie Pascal le 4 janvier 2010 dans A la rencontre, Cliquer, voir, écouter.
#Tags : canada, etats-unis, La llorona, lhasa, lhasa de sela, mexique, Montréal, Musique, musique du monde, The living road
Version pour impression, des élements sont supprimé pour économiser du papier. Mais êtes vous certain de devoir imprimer ?


Découverte un peu tard pour moi, quel dommage, en l’écoutant je ne peux m’empêcher de penser à Souad Massi, je leur trouve le même timbre de voix. Bel hommage Merci Anne-Sophie