Michel Melot à la journée de la Lecture Publique

Le 9 mars prochain le Conseil général d’Indre-et-Loire (Direction du Livre et de la Lecture Publique) organise une journée départementale de la lecture publique (voir plus bas le programme); Invité de marque : Michel Melot que nous vous invitons à découvrir dans ce petit billet :

Michel Melot … une présentation subjective et assumée ! par Marie-Laurence Berndt :

Que pourrais-je vous livrer à propos de Michel Melot que nous ne pourrions déjà trouver dans diverses ressources encyclopédiques, media, internet, ou littératures professionnelles…

Pour la version « académique »

voici ce qu’on peut en dire dans les grandes lignes :
Michel Melot est conservateur général de bibliothèque. Je préfère utiliser le terme générique de tous ceux qui oeuvrent en bibliothèque, à savoir « bibliothécaire ». Un mot qui recouvre déjà tant de curiosités et de mystères et si peu d’évidences. Comment le bibliothécaire toujours porté par le tumulte des idées de tous temps, pourrait-il se définir d’une manière figée.
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Michel Melot est né à Blois et se passionne pour l’histoire et la littérature au Lycée. (Voilà 2 ingrédients tout désignés pour converger vers cette saveur incomparable que sont les bibliothèques).
Cela le mènera à l’école des Chartes où son sujet de thèse sera l’abbaye de Fontevrault dont j’aime à penser qu’il est tombé amoureux.

En 1967, sorti de l’école des Chartes, avec le titre d’archiviste-paléographe, il exercera à la bibliothèque nationale comme conservateur au cabinet des estampes. En 1983, il prend la succession de René Fillet (un autre personnage bibliothécaire local) à la bibliothèque publique d’information du Centre Georges-Pompidou où il est directeur de 1983 à 1990. Il jouera un rôle important dans les réflexions sur la construction de la Nouvelle Bibliothèque Nationale. En 1990, il devient vice-président du Conseil Supérieur des Bibliothèques, qu’il préside à partir de 1993.
Enfin, il est chargé de la sous-direction de l’Inventaire général puis de la sous-direction de l’architecture et du patrimoine au ministère de la culture à partir de 1996 jusqu’à sa retraite.

Pour la version plus « sensible »

Je rajouterai que j’ai vraiment découvert Michel Melot avec la « sagesse du bibliothécaire ».
Cet ouvrage professionnel, pas exactement un essai pourtant, m’a touchée à la fois en tant que bibliothécaire et en tant qu’humain tout simplement. Les manières de Michel Melot à l’égard des bibliothèques sont attendrissantes. Michel Melot a l’art de parler des livres et de la lecture, des bibliothèques et des bibliothécaires, du métier et des lecteurs avec délicatesse et sensibilité. La « sagesse » ici revêt tout le sens de maturité, d’une tranquille tolérance, d’une ouverture d’esprit propice à la liberté de la pensée. Les bibliothèques deviennent sous sa plume des lieux de potentialités universelles, favorables à toutes les créativités.

Si la bibliothécaire que je suis, doute parfois des pratiques professionnelles, Michel Melot exhume du dessous des siècles de technicité le vrai sens ce ce métier. Grâce à Michel Melot les bibliothécaires ne sont plus des individus définitifs ou dogmatiques plein de concepts limitatifs. Les bibliothèques et leurs acteurs sont associés à des motivations bienveillantes, révélant parfois des relations émouvantes envers des usagers. Les bibliothécaires sont des passeurs invitant à l’ouverture et à la liberté.

« La sagesse du bibliothécaire » s’inscrit pour moi parmi les textes fondateurs à faire découvrir à toute personne impliquée dans une bibliothèque. Aussi, il m’est apparu que lors des formations en direction des bibliothécaires volontaires du réseau d’Indre et Loire, on ne pouvait soustraire les stagiaires à ce beau texte. C’est ainsi que certains passages ont fait l’objet de lectures à voix haute. Avant de s’affairer vers des contrées plus techniques, gouter la saveur du métier par cette hauteur de vue me paraissait une bonne entrée en matière…

Voici quelques extraits livrés en partage :
« Fermer le livre n’est pas moins émouvant que de l’ouvrir. Chacun de ces deux gestes marque ce qui, dans le livre est irrémédiable. (…) Il peut tout arriver dans un livre, même le bonheur, comme le proclamait ce slogan imprimé sur les maillots d’une association de bibliothécaires québécois : « il y a du plaisir sous la couverture : parlez-en à votre bibliothécaire ». Mais une fois le livre fermé, son pouvoir est perdu comme celui de la lampe d’Aladin ».

« Livre et liberté sont indissociables, à condition de « lire au cœur » comme on disait au Moyen-âge, c’est à dire de façon réfléchie, critique, distincte de la « rumination » qu’on impose souvent aux élèves. La bibliothèque n’est si précieuse que parce qu’elle « soustrait les pensées de l’individu à la sanction du groupe ». Rien ne m’a plus réconforté que de voir dans la bibliothèque, des jeunes filles musulmanes penchées sous leur voile sur des lectures qu’aucun homme ne peut leur imposer ».

« La bibliothèque n’est pas le lieu d’une vérité unique, ni même de la vérité des autres, le lecteur doit s’y constituer la sienne ».

« Si la chaleur n’est plus pour beaucoup un luxe, la solitude, l’abri et la liberté de conscience n’ont jamais cessé, hélas de l’être ».

« J’ai toujours été agacé par les esprits chagrins qui jalousent les lecteurs qui viennent à la bibliothèque pour se chauffer. Qui ne voit que le feu dont parle Vallotton n’est pas seulement celui d’un poêle ? »

« S’il est difficile de définir ce que doit être un bibliothécaire, en revanche, on peut dire ce qu’il n’est pas. Il n’est pas un curé, ni un médecin, ni qui que ce soit de prescripteur. Il n’a ni doctrine, ni science particulière à vendre et, en cela, il se distingue nettement de l’enseignant. Il n’est pas non plus un commerçant. Il souhaite que son service soit gratuit, comme l’école, dont il est une alternative et un complément ».

« Le bibliothécaire souffre encore de cette pénombre dans laquelle il a été confiné. Il souffre non tant dans sa personne que dans les moyens qu’on lui accorde et la place marginale qu’on lui réserve. La bibliothèque n’est ni un accessoire de l’école, ni un divertissement républicain. C’est une nécessité civique et scientifique. Il souffre car il est contraint par son rôle même de « passeur » d’être modeste. On n’a rien à craindre du bibliothécaire : il ne défend aucune thèse, n’est propriétaire d’aucun savoir,. Il est rassurant comme un ange gardien : il veille sur notre patrimoine, prend soin de nos bagages intellectuels ».

Pour en savoir plus et rencontrer Michel Melot : Retenez bien la date et le programme de toute la journée :

Mardi 9 mars 2010

9 h.30 – 10 h. Accueil des Participants

Ouverture des travaux, par Mme Claude ROIRON, Présidente du Conseil Général d’Indre-et-Loire

Etat des lieux des bibliothèques dans le département et esquisse d’un nouveau plan de développement de la Lecture Publique par Didier GUILBAUD, Directeur du Livre et de la Lecture publique,

« La Sagesse du Bibliothécaire », Conférence-débat de Michel MELOT, écrivain, anciennement Président du Conseil Supérieur des Bibliothèques

Buffet

14 h. A propos de Livre Jeunesse et des tout petits

« La Littérature Jeunesse fait salon », conférence-débat par Sylvie VASSALLO, Directrice du Salon de Livre-jeunesse de Montreuil – Débat animé par Alain SEKSIG, Directeur Général Adjoint du Conseil Général d’Indre et Loire

Ateliers et exposition :

Les Raconte-tapis, par M. Hamman

Présentation du Film: “ Les livres, c’est bon pour les bébés ” réalisé par l’association “Actions Culturelles contre les Exclusions et les Ségrégations” – Débat avec l’Association Livre-Passerelle

Clôture de la Journée par Patrick BOURDY, Vice-Président du Conseil Général en charge de la Culture

Si vous êtes intéréssé, vous pouvez vous inscrire directement en vous rapprochant de la DLLP ou de la Bibliothèque de votre commune. Vous pouvez également vous inscrire directement en cliquant sur Inscription avant le 2 mars 2010.

Publié par M.Laurence Berndt et


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