La poésie, ça n’est pas ce que vous pensez…

Les jours s’allongent petit à petit,  le soleil commence à sortir le bout de son nez, il flotte parfois comme un petit air de vacances, les promeneurs sont de sortie… le printemps arrive et avec lui s’annonce le Printemps des poètes.

Pour la cinquième année consécutive, la bibliothèque de Chinon fête la poésie, l’occasion de mettre en valeur un univers souvent méconnu auquel s’accrochent les clichés les plus tenaces. En effet, quand on demande à la plupart des gens une définition de la poésie, bien souvent petits et grand répondent : ”la poésie, c’est la rime, c’est joli, agréable, c’est le rêve et l’évasion”. Mais la poésie ça n’est pas ça ou tout du moins, ça n’est pas QUE ça. Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des poètes, l’a bien compris, et l’explique parfaitement dans son livre “Aïe, un poète” .

On a bien souvent tendance à réduire la poésie à un aspect formel, comme la rime. Bien mal nous en prend! La rime est un élément qui est, certes, fréquent, mais totalement aléatoire, non constant. D’autre part,  la poésie a souvent une image douce et gentillette qui lui colle à la peau. On imagine  le poète comme un rêveur, un sympathique illuminé,  or “le seul souci du poète c’est la confrontation à la réalité”. La poésie ne fait que nous parler de notre réalité, elle nous pousse parfois à nous questionner, à nous interroger sur le monde et sur soi. Elle peut donc aborder des thèmes parfois durs avec des mots pas toujours jolis (”Ah Barbara, quelle saloperie la guerre” disait Prévert).

“La rencontre avec le poème c’est comme la rencontre avec quelqu’un, elle suppose le temps, la patience, la fréquentation, un désir de découvrir et une certaine attente en même temps” explique Jean-Pierre Siméon. Comprendre un poème, ça n’est pas une question de connaissances, mais plutôt d’attitude, il s’agit d’entrer, de se déchausser, et de bien vouloir laisser ses idées reçues à la porte.

Il est donc nécessaire de se montrer un peu curieux,  de prendre un peu de temps pour soi, et d’ouvrir un recueil. Pas besoin de lire tout d’un coup de la première à la dernière page sans s’arrêter. La poésie ça se déguste, ça se feuillette, ça se découvre petit à petit, on peut s’arrêter sur un poème, le lire plusieurs fois, sauter quelques pages, recommencer au début… Il n’y a pas à comprendre, il y a à ressentir.

C’est pour tenter de mettre fin aux clichés et faire découvrir au plus grand nombre la poésie, que la bibliothèque municipale de Chinon vous propose différentes animations, dont voilà le programme.

- Clôture du concours « Mon poète à moi ” – Vendredi 26 mars à 18h
Laure Mandraud (Prométhéâtre) propose un spectacle autour des recueils de poésie sélectionnés cette année.
Louna revient de l’école. Tiens, sa maman n’est pas là! Quelle chance  pour cette petite fille qui va pouvoir rêver à son aise… tout en poésie.

Antenne des Hucherolles

visuel Laure Mandraud

- La poésie se promène – Dimanche 28 mars
14h : départ en musique de la Bibliothèque Centre-ville
15h : Flor Lurienne et Léonore Chaix (à écouter sur France Inter) vous attendent pour le spectacle «Déshabillez-mots» à la maison de quartier de St Louans.Si les mots étaient interviewés, que diraient-ils? Deux femmes s’amusent à  déculotter les idées reçues sur le langage, elles interprètent et interrogent des mots qui plaident leur cause et  lèvent le voile sur des facettes inattendues…
16h : pot de convivialité et retour vers la bibliothèque

photo 8

Une invitation à découvrir la poésie sous toutes ses formes et à comprendre qu’un poème – au moins – vous attend…

1 commentaire

  1. annick tirache a dit, le 06 avril 2011 à 08:20

    Je trouve que le treizième printemps des poètes a fait, hélas, la preuve de son incapacité à “démocratiser” la poésie ! depuis treize ans que je m’intéresse à cette manifestation, je dois reconnaître qu’à part quelques initiés et l’éducation nationale (et encore !) elle ne parvient pas à toucher le plus grand nombre alors que la poésie est pourtant un vecteur important d’idées et de bien-être pour tous.

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