Jusqu’au Prieuré d’Orsan et retour
Je suis récemment allée dans un endroit magique que j’adore. J’y vais une fois par an depuis de nombreuses années et c’est toujours un plaisir immense de déambuler dans ce lieu. C’est loin de Tours, certes, mais au retour le soir, quel bonheur !

Connaissez-vous donc le Prieuré d’Orsan dans le Cher ? Je ne sais plus comment j’ai découvert le prieuré. Je pense que c’est grâce à mon amour des jardins, et après lecture du livre de Sonia Lesot “Le Jardin du Prieuré d’Orsan : à la recherche d’un jardin médiéval” paru chez Actes Sud en 1998, que j’ai eu envie d’aller voir de plus près l’aventure étonnante, vécue et décrite par Sonia Lesot et Patrice Taravella, jeunes architectes.
Nous sommes partis vers 10h30 ce samedi-là, et revenus vers 21h30 ! Exténués mais heureux. Afin de fuir les embouteillages des départs en vacances, nous avons pris les petites routes bucoliques et découvert de beaux paysages, et de moins beaux, de jolis villages et petites villes.
Au bout d’un moment et de routes “vicinales”, le Prieuré d’Orsan. C’est toujours un choc pour moi et pour les amis que j’emmène pour la première fois, toujours un “oh !” admiratif, lorsqu’arrivent à l’improviste et sur une route banale, les murs d’enceinte du prieuré. Comme si nous nous y heurtions.

Les murs d'enceinte
Sur le petit parking sous les arbres, peu de voitures, pas d’autocars de touristes. Le silence de la nature, les chants d’oiseaux, “le vent dans les saules”. En allant tout au bout du parking, et en contournant la haie, un grand champ nous invite à sortir le pique-nique (salade végétarienne de pâtes, salade de légumes au thon, okonomiyaki et tarte aux framboises). Plaisir d’être au soleil, les fesses dans l’herbe. Des meules de foin jonchent le champ.

Le pique-nique
… Enfin la visite des jardins du prieuré ! L’entrée se fait par la boutique (on s’y arrêtera en repartant), 9 €.
Franchi le seuil de la boutique qui donne sur les jardins, l’on est subjugué par l’harmonie, la paix qui se dégagent. Un immense rectangle fermé sur trois côtés par les bâtiments conventuels. Le prieuré fut fondé au XIIè siècle, et était rattaché à l’Abbaye de Fontevraud.
Le couple d’architectes a acheté ce lieu, en ruines. Après des recherches aux Archives départementales, Bibliothèque Nationale… ils ont tout remonté, et créé des jardins clos, d’inspiration monastique médiévale (mais toute cette aventure est dans le livre).
Alors, prenez votre temps, laissez-vous porter, flânez dans ces jardins ! Certains jardins sont utilitaires (le jardin des simples, le potager…), d’autres symboliques de la doctrine chrétienne (le labyrinthe qui représente la difficulté d’accéder au Salut, les jardins de Marie…).
Tout y est beauté, harmonie, paix, joie. Sonia Lesot, Patrice Taravella et le jardinier Gilles Guillot ont fait revivre des techniques de jardinage oubliées. Les courges courent dans des plessis, carrés de terre surélevés qui permettent aux plantes un remarquable développement et au jardinier de ne pas se casser les reins en nettoyant ou récoltant.

Les courges courent sur les plessis
La déambulation nous permet de retrouver nos jeux d’enfants et l’âme espiègle de ce temps perdu. Les jardins s’imbriquent parfois les uns dans les autres. Il faut trouver l’entrée du potager que l’on a vu par un oculus taillé dans la haie (j’adore ces oculus !).

J'adore ces oculus

Perché dans un arbre, le carillon
dans tout le jardin et en nous.
Mes jardins préférés ? Oh ! je les aime tous… peut-être plus particulièrement le labyrinthe, où les rires des rares visiteurs se faufilent dans les culs-de-sac, la satisfaction d’arriver en son centre et de s’asseoir à l’ombre du kiosque. Le Cloître des Charmilles et les quatre gloriettes tressées, aux quatre coins de la fontaine. C’est la fin du parcours et il est bon de souffler assise dans une de ces gloriettes en écoutant le bruit de l’eau. Le Potager surélevé avec les courges, les plessis. Mais un tas d’autres choses : les fleurs d’artichauts, les poids qui maintiennent les branches pliées dans les espaliers…

Dans la salle à côté de la boutique, se tient toujours une exposition. Actuellement c’est une exposition de sculptures en albâtre de Pascal Cerchi. Et pour la première fois, des sculptures sont intégrées au jardin, cachées sous des feuillages, au détour d’une haie, fichées sur un piquet dans le labyrinthe… Un peu comme les petits indices galonnant les parcours de nos chasses aux trésors d’enfance. Des taureaux, des chevaux se cabrant, des Eves rebondies…
Le temps s’efface dans ce beau lieu, deux heures, trois heures à se balader, grappiller quelques framboises, sentir Paul Noël ou Madame Alfred Carrière (rassurez-vous ce sont des rosiers !).
Et… on the road again ! Mais comme c’est l’été, au diable l’avarice nous ne sommes plus à quelques kilomètres près ! Un petit détour par Nohant afin de voir la maison de George Sand (c’est à 10 mn en voiture d’Orsan).

L'église de Nohant
Pas de veine, les visites guidées sont complètes (et il n’y a QUE des visites guidées !), il faut attendre deux heures. Non merci, nous reviendrons. Alors pourquoi pas tant que nous y sommes, revenir à Tours en passant par la Brenne et son Parc Naturel Régional ? A nouveau les petites routes “vicinales”, à tel point que lorsque nous croisons un tracteur (et il y en a car c’est la pleine saison des foins) il faut vraiment ralentir et mordre sur le terre-plein. Arrêt à Lys-Saint-Georges. Joli !

Eglise de Lys-Saint-Georges
Une église du XIIIè et le château XVIè avec sa poterne. En quittant le village, dans un virage la léproserie, elle aussi du XIIIè. La Brenne et ses étangs.

La poterne
Y’en a qui dorment dans la voiture, je ne dirai pas de noms ! Arrêt au bord d’un étang pour s’étirer et se rafraîchir d’un verre d’eau. Des canards, un vol de hérons, un ragondin.
Arrivée à Tours, il est tard, nous sommes fatigués mais heureux !

Fatigué mais heureux
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Photos personnelles de Jacqueline Paillet
Publié par Jacqueline Paillet le 26 juillet 2010 dans Carnet de voyage, Carnets d'écriture, Cliquer, voir, écouter, Création plurielle.
#Tags : Lys-Saint-Georges, Maison de George Sand, Nohant, Prieuré d'Orsan
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Merci Jacqueline pour cet article qui donne vraiment envie de découvrir ce lieu. Bel été à toi.