Premier billet : Delhi

31 Août :Valise

Voilà, j’y suis à nouveau… en Inde ! Les claviers ici sont en anglais et donc sans accent. Je suis sur un clavier dont les touches sont effacées… ce qui arrange tout ! Mais, c’est l’Inde… il faut prendre les choses comme elles sont. Je promets, une fois rentrée de rétablir tous ces accents.

L’avion est arrivé vers 0 heure 35 la nuit dernière dans un aéroport tout neuf que je ne connaissais pas encore. Des sols moquettés, des tapis roulants sur des kms, et en arrivant au contrôle des passeports… de magnifiques décorations sur les murs : la main de Bouddha, moulée dans un métal gris et représentant les différents  mudra. Superbe !!!

Mudra aéroport de Delhi

Mudra aéroport de Delhi

J’ai retrouvé avec un grand plaisir l’hôtel tibétain dans lequel je viens depuis 4 ans, Wongdhen House, dans le quartier tibétain de Majnu Ka Tila. Il fait très chaud, environ 36 et dès que l’on vadrouille un peu, on ruisselle.

Thukpa... Miam !

Thukpa... Miam !

Se régaler pendant quatre semaines de momos, thukpa, thentuk, pain tibétain au miel au petit-déjeuner, de masala tea (indien)…

Ce matin, je suis  allée voir le temple Bahai ou temple du Lotus.

Temple Bahai

Temple Bahai

Au retour le chauffeur du rickshaw, assis en demi lotus (une jambe repliée sur le siège, mais l’autre allant de la pédale d’accélérateur à celle du frein), avait mis le pilotage automatique dans la circulation de Delhi (et la circulation à Delhi, c’est quelque chose ! Paris à côté c’est de la gnognotte !!)… il s’endormait !!! Vraiment rassurant !

Au fait, savez-vous ce qu’est un rickshaw ? C’est grosso modo, une mobylette améliorée. Si je peux utiliser le verbe “améliorer”. C’est une mobylette à trois roues avec un tout petit habitacle. Ils sont tous vert et jaune, dans toute l’Inde que j’ai visitée. Il ne faut surtout pas regarder l’état des pneus lorsque l’on monte dedans (ceci est valable pour tous les moyens de transports d’ailleurs). Les freins sont donc comme ceux d’un vélo ou d’une mobylette… Cardiaques abstenez-vous de monter dedans aux heures de pointe ! Bon j’écris cela, mais je ne sais pas quand sont les heures de “non pointe” à Delhi. Le clignotant, c’est le bras tendu ou pas du chauffeur, en tout cas c’est surtout son toupet et sa hardiesse. Certains chauffeurs conduisent pieds nus.

Au repos dans son rickshaw !

Au repos dans son rickshaw !

1er Septembre :

Petit-déjeuner : thé au lait (tchai), pain tibétain toasté, très fine omelette. Et en route pour visiter le tombeau de Humayun. Des marches à monter, des frangipaniers en fleurs, de petits écureuils gris rayés (c’est ceux-là que l’on trouve en Inde), des mainates et des perruches vertes dans les arbres, un chien qui cherche un coin a l’ombre sous un arbre, et… une chaleur écrasante.

Tombeau de Humanyun

Tombeau de Humanyun

Lodi Gardens

Lodi Gardens

Puis Lodi Gardens où je suis déjà allée il y a deux ans. Magnifique et très vaste parc en plein cœur de Delhi. Des arbres à foison, de jeunes indiens qui jouent au cricket sur une pelouse, un Indien qui vous accoste et se met a vous parler. Les Indiens sont très curieux de l’autre, nous les touristes, d’où nous venons… La conversation commence toujours par “D’où venez-vous ?”. Lui, médecin-masseur ayurvédique, était venu en France à Lyon faire une conférence sur l‘ayurveda. Carte avec son numéro de téléphone, si jamais je suis intéressée… Hum ?

Au retour à nouveau en rickshaw, nous sommes pris dans un formidable orage de mousson. Embouteillages monstres, 20 à 30 cm d’eau sur la chaussée, un camion passe rapidement à notre hauteur et c’est la douche dans le rickshaw ! Certaines voitures tombent en panne au milieu de la circulation (moteur noyé), ça klaxonne encore plus que d’habitude, et d’habitude c’est comme les trompettes de Jéricho (comme je les imagine !).  Mais personne jamais ne hurle, pas d’engueulades, pas un mot de trop, seulement parfois quelques regards bien noirs et furibonds !

Vous avez dit embouteillages ?

Vous avez dit embouteillages ?

En Inde tout est excessif, même les gouttes de pluie ! Si, je vous assure, ÉNORMES !

3 Septembre :

Pas d’internet dans le quartier tibétain hier, car toutes les boutiques, resto… tibétains étaient en grève.

Hier, je me suis offert un cadeau fabuleux qui me tentait depuis des années ! Un massage ayurvédique (pas par le médecin de Lodi Gardens !). SUBLIME !!! Après avoir vu le médecin ayurvédique du centre, qui prescrit le type de massage qui correspond à mon terrain, je me suis retrouvée dans une cabine (style esthétique). Musique indienne et deux très jolies Indiennes. L’une d’elles m’a fait asseoir et a commencé par me masser la tête. Énergiquement ! Puis allongée sur la très belle table de massage en bois massif, elles m’ont littéralement enduite d’une huile tiède dont la composition me correspond (j`y ai reconnu l’odeur du sésame, mais c’est tout). Et là… le régal commence : massage à quatre mains. Au bout d’un moment il a fallu que je me retourne, ce fut du sport ! Comment voulez-vous que je me retourne, dégoulinante de la tête aux orteils d’huile, sur une table en bois elle-même ruisselante ??? Et vas-y que je dérape à droite, et à gauche, et à droite, et au fond de la table, et à la tête. Les Indiennes doivent sûrement être plus douées que moi dans ce sport de glisse. J’ai d’abord dû m’asseoir et être aidée pour enfin me retrouver à plat ventre. Et ça continue, massage dans le dos, les jambes. Retournement à nouveau. Ben ? Pourquoi me bandez-vous les yeux avec du coton, et me mettez-vous du coton dans les oreilles ? Qu’est-ce qui n’est pas beau à voir et à entendre ? A quelle sauce vais-je être mangée ? Tout à coup de l’huile tiède me coule sur le front. Divin. Massage de la tête. Quand je dis “massage,” je suis loin de la vérité. Capitonnage de ma tête, de mes cheveux, avec de l’huile. Un vrai casque ! Bon, j`avoue que je me suis demandée dans quel état, j’allais repartir a l’hôtel, traverser tout Delhi en rickshaw. Toutes ces papouilles ont duré 1 heure !! A la fin, j’étais sur un petit nuage.

Ah ! oui, j’oublie de vous dire que la douche avec savon et shampoing (faite par moi, faut pas abuser quand même) m’a permis de reprendre mon rickshaw, le chauffeur m’attendait en piquant son petit roupillon. Si j’ai encore quelques sous à la fin de mes vacances, quelques heures avant le départ de l’avion je m’offre à nouveau cette merveille, histoire d’être dans un état second dans  l’avion.

Encore un violent orage hier soir. Toujours à peu près à la même heure.

En allant à ce centre ayurvédique, je regardais Delhi du rickshaw, et ce qui m’a frappé à un moment c’est toute cette verdure que l’on voit à Delhi. Je ne suis pas sûre que ce soit l’image que l’on en ait de notre Touraine. Il y a des arbres partout le long des avenues, boulevards, rues. Et les plantations continuent car je suis très frappée cette année de voir des ouvrières et ouvriers plantant des arbres et arbustes sur les terre-pleins au milieu des chaussées. Et comme il y a des arbres, il y a des oiseaux. Bon, je suis d’accord… on ne les entend pas beaucoup car ce que l’on entend dans les rues de Delhi ce sont les klaxons. Un vrai tintamarre… A l’arrière de certains rickshaws est écrit en belles lettres peintes “Stop horn” (Arrêtez de klaxonner), mais à l’arrière des camions “Blow horn” (Klaxonnez). Personne n’est donc d`accord sur l’option à prendre, d’autant plus que les chauffeurs qui ont “Stop horn” aux fesses ne sont pas, souvent, les derniers à klaxonner !

"Blow horn"

"Blow horn"

Mon livre de chevet en ce moment, “Infrarouge” de Nancy Huston. J’ai beaucoup aimé ses premiers livres, celui-ci  me rebute (mais je ne laisse jamais une lecture inachevée. Une forme de respect, peut-être ou laisser une porte ouverte à un possible changement dans l’écriture). La moutarde me monte au nez lorsque je lis, ici, en Inde, page 39 “Premiers des droits humains : le fantasme” !!!???

Bon, je vous quitte pour quelques jours, car ce soir je prends le bus qui va me conduire à Mandi dans le nord de l’Inde en Himachal Pradesh.

Namaste ! (au revoir, en hindi).

Mudra aéroport de Delhi

Mudra aéroport de Delhi

Photographies personnelles de Jacqueline Paillet

Visite du tombeau de Humayun en cliquant ici

Balade dans Lodi Gardens en cliquant ici


4 commentaires

  1. Brindejonc a dit, le 27 septembre 2010 à 18:49

    Bon, je vais commencer par râler, après on verra : les liens ne fonctionnent pas! (tombeau et Lodi gardens).
    Un truc vite fait quand même : je me rappelle avoir été moi aussi surprise de la végétation très présente à Delhi.
    Je constate que les rickshaw ont un moteur? “De mon temps” (1973), ils avançaient à la force du mollet lequel, pour autant, n’était pas forcément très volumineux. Je reconnais que c’est un progrès (le moteur)!
    J’aime très moyennement la déco de l’aéroport et le temple Bahai.
    J’attends la suite avec impatience!

  2. Claudie Fonteneau a dit, le 27 septembre 2010 à 20:54

    Toujours un régal de lire tes récits, j’ai hâte de lire les prochains… bon, effectivement tes derniers liens ne fonctionnent pas ils sont en privés, mets les sur Tourainemedia et le souci sera résolu… je pense que demain j’ai un mail de secours ! voilà maintenant t’as la pression pour réussir seule….

  3. jean-françois thinon a dit, le 28 septembre 2010 à 16:58

    Salut Jacqueline,beaucoup de plaisir à lire tes aventures lointaines comme à te suivre dans ton périple qui donne envie( exception faite des morsures de singe)
    à bientôt je l’espère dans une prochaine conférence de rédaction !

  4. Christophe Legendre a dit, le 01 octobre 2010 à 16:51

    Bonjour Jacqueline,

    Je suis très emballé par ton récit.Le rythme est trépidant et cela donne envie de connaitre la suite donc je vais de ce pas découvrir les nouveaux épisodes.

    Ah, si une chose que tu viens de m’apprendre : on peut aussi se mettre en grève en Inde !!

    Continue dans cette veine car là tu colles vraiment aux rubriques “Carnets d’écriture” et “Carnets de voyage”

    A bientôt ,

    Christophe

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