Je suis un fruit… ou peut-être une fleur…

Les branches et le tronc de l’arbre qui me portent renferment du latex dont la couleur rappelle un certain liquide séminal. Pour autant n’y voyez pas là des raisons de me taxer de fruit d’obsédé !

Et pourtant les allusions ne s’arrêtent pas là. Au jardin d’Eden, ce ne sont pas des feuilles de vigne, mais les feuilles magnifiquement lobées et au parfum poudré de cet arbre qui ont servi à couvrir une certaine partie du corps de 2 amoureux naïfs.

Fruit de la terre promise, mon nom est cité à plusieurs reprises dans la bible. Dans le Cantique des Cantiques j’illustre l’érotique passion d’un couple d’amants.

Charnue et voluptueuse, j’accompagne souvent les textes sacrés et profanes de l’humanité.

Chez les africains du nord dans le langage populaire, mon nom signifie : parties sexuelles masculines, alors qu’en italien mon nom désigne le sexe féminin…

Chez les Grecs mon arbre est l’arbre de Dyonisos, dieu de la fécondité. Chez les africains il est également une métaphore de la fécondité.

La capacité de cet arbre à survivre dans des conditions parfois difficiles le classe parmi le symbole de la volonté, du courage et de la générosité.

Chez les égyptiens pharaoniques il est un don des dieux pour sa prodigalité et sa générosité.

En réalité je suis le plus ancien fruit domestiqué, depuis au moins 4000 ans avant J.-C.

Fruit charnel et spirituel, plein de promesses et de félicité puisque même de l’autre côté de l’Eurasie, le Bouddha historique Siddharta Gautama a atteint l’éveil sous son arbre…

Certains me nomment “ goutte d’or ”, d’autres “ grise de St. Jean ”, d’autres encore “ madeleine des 2 saisons ” ou encore “ bourjasotte noire ”…

D’un point de vue botanique, je suis en réalité une sycone qui abrite les fleurs femelles et mâles à la fois, mais dont la maturité n’est pas synchrone. Aussi ai-je besoin de l’assistance d’une guêpe liliputienne : un blastophage. Celui-ci entre dans la sycone pour procéder à la fécondation.

D’ailleurs lorsque je suis consommée, c’est la fleur qui est croquée. Et les petits grains sont en réalité les fruits…

En France, je dois ma renommée à la curiosité de Louis XIV.

Sèche ou fraîche je suis toujours goûteuse. Je suis accommodée avec des plats de viande ou sucrés, je me marie volontiers avec du fromage de chèvre. Confite, saupoudrée de cannelle ou farcie d’amandes j’apporte la touche originale sur les tables…

Que suis-je ?

A vos commentaires…

12 commentaires

  1. TAVEAU christian a dit, le 01 décembre 2010 à 21:15

    Bon, ce n’est pas difficile Marie-Laurence, je crois que c’est :
    la FIGUE… cela m’amène à parler du festival car déclarant ma gourmandise à
    deux femmes d’Abilly, je me suis retrouvé avec deux sacs de figues,
    je comprends mieux maintenant pourquoi deux femmes m’ont donné ces fruits !
    c’était un cadeau trés féminin… !
    bref, j’ai dévoré les figues et dit merci aux femmes…
    et pas dévoré les femmes et dit merci aux figues… !

    Christian

  2. Jérhum a dit, le 01 décembre 2010 à 21:17

    Si j’osai en ce lieu m’aventurer, aurai-je l’atout du fin limier
    Il y a un risque jubilatoire, À vouloir conter une histoire
    Mais qui donc voulu défendre, Son jus tiré pour s’éprendre
    Sinon la pieuse, le pourfendeur, Ô vanité, ô hélas je meurs
    D’envie de danser une gigue, Envoûté par vôtre FIGUE
    Ô Madame pardonnerez-vous, L’affront de vos courroux

    Pour vous servir,
    Figue à rot

  3. Jean-François Thinon a dit, le 01 décembre 2010 à 21:37

    au début je dois l’avouer en lisant le début de ton billet, je suis resté “mi-figue mi raisin” pas certain de comprendre quel était ton dessein, puis au fil de ma lecture j’ai pensé à la pomme, aux raisins bon sang mais c’est bien sûr !
    quel manque de discernement de ma part, en comprenant que c’était la figue. Me voilà tout déconfit !
    instructif ce billet, toi si discrète, ta contribution à la grande confrérie de TM en ce jour de décembre ressemble à une offrande… ça se fête !

  4. Claudie Fonteneau a dit, le 01 décembre 2010 à 22:59

    Zut zut et re-zut, je valide les commentaires et lis les réponses avant que d’avoir lu ce gouleyant texte au parfum de figues fraîches, je les aime séchées, en compote ou en confiture, enfin c’est un de mes fruits préférés !
    Tu produis peu mais le parfum et la qualité sont bio…

  5. Christophe Legendre a dit, le 02 décembre 2010 à 12:30

    Je constate, Jérhum ,que tu nous sers ici une rasade de ton meilleur cru !!
    Mais je ne suis pas là pour commenté le commentaire…

    Donc Marie-Laurence, moi qui n’aime ni la figue fraîche ou séchée,je dois dire que ta prose ainsi déroulée me donnerait presque envie d’y goûter à nouveau !!

    Bravo à toi pour tes recherches historiques.

  6. Marie-Laurence BERNDT a dit, le 02 décembre 2010 à 22:35

    A l’attention de Jean-François, j’avais trouvé également une explication de l’expression “mi-figue, mi-raisin”.
    “Elle a pour origine une belle supercherie datant du XVe siècle. En effet, les Corinthiens (grands commerçants) dissimulaient parmi leurs superbes raisins secs (de Corinthe) des petits morceaux de figues séchées (bien moins chères au kilo) et les vendaient aux Vénitiens (autres grands commerçants). Une fois la tromperie décelée (mais trop tard !), les Vénitiens furent pris d’un sentiment partagé : tout à la fois mécontents et satisfaits, d’où “mi-figue, mi-raisin”.

  7. Jacqueline Paillet a dit, le 03 décembre 2010 à 14:46

    Merci Marie-Laurence pour ce texte bien gouleyant ma foi. Tu as oublié de dire que lorsque l’on mange la figue, on mange bien sûr la mouche qui l’a fécondée. Avis au végétarien !!!
    Je ne promets rien à tous, ni surtout à Christophe, mais si pour la prochaine réunion de rédaction, donc le 13 de ce mois, j’ai fait ma confiture de figue et citron, j’en apporte un pot pour la pause thé/café du matin.

  8. michelinefavard a dit, le 05 décembre 2010 à 10:52

    oui merci Marie-Laurence pour toutes ces recherches; je me suis faite exactement les même réflexions que Jean-François; donc je n’ajoute rien… si ce n’est que je n’aime pas les figues !!

  9. Marie blanchon a dit, le 08 décembre 2010 à 18:14

    Bon j’ai trouvé assez vite la figue mais j’ai appris beaucoup de choses. Je ne suis pas là le 13 /12 gardez moi un peu de confiture pour la prochaine fois.

  10. Sylvie ADOLPHE a dit, le 10 décembre 2010 à 15:33

    J’ignorais tout -si ce n’est son goût que je trouve délicieux- de ce fruit … qui est en fait une fleur ! La botanique ne cesse de nous surprendre et la nature de nous émerveiller.
    Pour en revenir aux figues, que j’adore… Je regarde avec envie celles inaccessibles qui poussent derrière les hauts murs de mon voisin et je tenterais bien d’en planter puisque les figuiers semblent tellement se plaire dans mon quartier

  11. Latoya Bridges a dit, le 22 décembre 2010 à 11:28

    Si j’osai en ce lieu m’aventurer, aurai-je l’atout du fin limier Il y a un risque jubilatoire, À vouloir conter une histoire Mais qui donc voulu défendre, Son jus tiré pour s’éprendre Sinon la pieuse, le pourfendeur, Ô vanité, ô hélas je meurs D’envie de danser une gigue, Envoûté par vôtre FIGUE Ô Madame pardonnerez-vous, L’affront de vos courroux Pour vous servir, Figue à rot

  12. Pignon de la Tour du Pin a dit, le 25 décembre 2010 à 16:15

    Moi que mes professeurs traitaient de fruit sec, je tiens ma revanche avec vous. Les délices nés de votre inspiration ne sont á peine égalés que par l’enivrant suc du fruit suggéré par vous. Il fallait être comme vous une presque muse, une quasi déesse dirais-je pour avec tant de métaphores luxuriantes clamer assez fort les mérites de ce fruit trop discret. Peut-être voyons nous éclore avec vous une sorte de nouveau Virgile de la Touraine rurale digne de célébrer avec ardeur les moissons á venir. Aurais-je l’audace de vous comparer á ce petit blastopore qui de activité diligente aide á la maturation des plus beaux émois de la poésie fruitière.
    Un admirateur englué dans le miel de vos belles images.

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