Nostalgie…

Samedi 28 janvier, 17 h : les courses pour la semaine prochaine sont faites et rangées… Maintenant la question lancinante revient : jamais deux sans trois, seront-ils là ?

18 h : confirmation d’une source sûre, ils sont arrivés au Grand Hôtel, on vient de monter leurs valises !

Reste à se préparer :

- baskets pratiques pour le “sur-place”, celles qu’on n’a pas mis de tout l’hiver

- jean “passe-partout”, celui qu’on met tout le temps parce que justement facile à porter

- pull léger pour n’avoir ni trop chaud, ni trop froid

- blouson court, plein de poches à fermeture à glissière (s’agirait pas de se faire piquer son portable) où l’on mettra juste le minimum, le dit-portable, les clopes et le briquet qui va avec (indispensables avant l’entrée et à la sortie), quelques billets

19 h : départ, on n’a pas besoin d’arriver trop tôt, on a passé l’âge de jouer les midinettes qui feraient tout pour être aux premières loges… 48 balais, on sait se tenir quand même !

19 h 30 : les places de parking sont chères, il va falloir aller plus loin et marcher un peu (pas grave, on a mis les bonnes baskets !)

20 h : après deux check-point stratégiques, dont une fouille au corps (ouf, nous ne sommes pas dans l’illégalité !),  nous arrivons tout près de l’aire des Dieux, allez, disons à une quinzaine de mètres, sous d’énormes boîtes à son, qui d’un moment à l’autre vont déverser les notes magiques pour lesquelles nous sommes venus.

20 h 05 : encore un peu d’attente : une tripotée de p’tits jeunes frenchies qui speak in English vont nous faire patienter pendant trois petits quarts d’heure… Ils s’en sortent pas trop mal. Disons que je pense surtout à leurs pauvres parents qui ont dû supporter leurs balbutiements dans le fond de leur garage, et les sacrés emmerdements avec des voisins réfractaires à toute expression passionnée !

20 h 45 : on débarrasse le matos des uns pour installer celui des autres. Quatre types genre “trapézistes” montent chacun une échelle de corde pour se retrouver 15 ou 20 mètres au-dessus du sol : c’est qu’il y a des réglages à faire là-haut, c’est ça de travailler près des étoiles ! Un quart d’heure de ce petit manège, ça passe vite quand on observe le moindre indice qui permettrait d’annoncer les dites-étoiles…

21 h 05 : le noir complet et un silence étouffé, puis la lumière… les lumières, partout, qui inondent cinq silhouettes qui avancent en surplomb de 8000 comme moi, venus pour eux : la tournée d’adieu de SCORPIONS !

scorpions 2

Les notes, les mélodies, la voix, le tempo qui ont bercé mon adolescence vont résonner à mes oreilles et dans mon corps pendant deux heures. Et là, pas facile de décrire l’effet produit, une alchimie entre la musique, mon esprit, mon corps et leur présence, un voyage dans le temps où d’un seul coup, j’ai 16 ans ou 18, c’est selon…

Klaus Meine a retrouvé sa voix (après deux rendez-vous manqués dû à une extinction de celle-ci) enfin la même qu’il y a trente ans, si particulière ; et ce petit bonhomme qui ressemble à une poupée fragile sourit d’une joie non-simulée.KLAUS

Rudolf Schenker est encore plus géant que je ne l’imaginais, dieu qu’il est grand, et il a une pêche d’enfer, il court dans tous les sens, change vingt fois de guitare et semble glisser sur une patinoire, tellement il est gracieux.RUDOLF

Matthias Jabs, moins charismatique que ses deux accolytes, est toujours un très bon guitariste, et paraît s’éclater.

MATTHIAS

Le dernier guitariste, j’ai eu du mal à le cadrer, un petit nouveau, avec Scorpions depuis 2004 seulement ! Et le batteur, il fait son show, il est dans son monde, il est… fou !

Ils ont tout donné, généreux et radieux; à 64 ans bientôt, les deux papys Meine-Schenker m’ont éblouie par leur art de traverser la vie sans perdre la fougue de leur passion, sans jouer, fatigués, le remake de leurs belles années,qui sont aussi les nôtres, mais nous, la vie nous a visiblement plus atteints. Tant pis, ce soir c’était génial, pour les 8000, des mômes de 14 ans aux jolies bourgeoises accompagnées de leurs conjoints de 65 balais passés pour certains, en belles toilettes comme pour l’Opéra ! (Ah oui, l’étude sociologique de fin de concert, avec une bonne bière bien fraîche à la sortie : incontournable !). Rassurez-vous je kiffe Vivaldi aussi ! Comme quoi les préjugés…

Jean-François, Claudie, il y longtemps que vous attendiez un article de ma part, voilà donc ! Et ce n’est certainement pas dans ce registre que vous pensiez me trouver…

Alors, comme je ne peux pas dire “longue vie à Scorpions” puisqu’ils arrêtent tout, je dis juste :  MERCI LES GARS !

Ah ! au fait, les trapézistes, ils ont dû redescendre bien plus tard…

3 commentaires

  1. claudie a dit, le 31 janvier 2012 à 00:19

    Franchement Valérie, tu as bien fait d’attendre, ton article est formidable !
    Il est plein de passion, d’humour, il vient du coeur, cela se ressent en le lisant, tu nous fait vivre à ta façon ton concert et le regret de ne pas y avoir assisté !
    Dommage, il me manque une vidéo ou un petit extrait musical ou des liens, moi, qui suit loin d’être une fan… de Scorpions ! Ca pique…

  2. jean-françois a dit, le 31 janvier 2012 à 11:53

    Nous avons bien fait d’attendre ta contribution, ça fait du bien bon sang de lire de nouvelles personnes surtout quand les billets postés sont intéressants et drôles
    Scorpions a le mérite contrairement à d’autres groupes de “papys rockers” de faire le show jusqu’au bout et de réussir leur sortie
    comme tu as su réussir ton entrée “still writing you sur Tourainemédia”

  3. Christophe Legendre a dit, le 31 janvier 2012 à 17:46

    WAOUH !!

    Valérie, tu viens de rentrer dans le Panthéon non pas du ROCK mais de Touraine Média et ça c’est pas du TOC !!

    Comme le fait si bien Rudolf Schenker avec sa guitare, continue toi aussi à “Gratter” avec ton stylo !!

    Welcome !!

    (pour faire plaisir à Claudie, je te montrerai comment insérer un lien vers une vidéo de Scorpion)

Commenter

Nombre de pages vues : 71418